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Chapitre en avant-première : Demain n’arrive jamais !

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Demain n’arrive jamais

Demain. Je me lèverai tôt, j’arrêterai de fumer, je ferai du sport, je serai différent. Je le ferai, bien sûr. Mais demain.

Et demain n’arrive jamais. Il en est de même pour Dieu : demain je prierai, un jour j’irai à la messe. Mais pas aujourd’hui. Aujourd’hui, je ne peux pas, je ne veux pas. Et puis, il y aura demain, non ? Un texte, souvent attribué à saint Augustin, décrit cela à merveille :

« Moi, ton Dieu, je connais ta misère, les combats et les tribulations de ton âme, la faiblesse et les infirmités de ton corps ; je sais ta lâcheté, tes péchés, tes défaillances ; je te dis quand même : “Donne-moi ton cœur, aime-moi comme tu es.”

Si tu attends d’être un ange pour te livrer à l’amour, tu ne m’aimeras jamais. Même si tu retombes souvent dans ces fautes que tu voudrais ne jamais connaître, même si tu es lâche dans la pratique de la vertu, je ne te permets pas de ne pas m’aimer. Aime-moi comme tu es. À chaque instant et dans quelque position que tu te trouves, dans la ferveur ou dans la sécheresse, dans la fidélité ou dans l’infidélité.

Aime-moi, tel que tu es. Je veux l’amour de ton cœur indigent.

Si, pour m’aimer, tu attends d’être parfait, tu ne m’aimeras jamais. »

Ce qui compte n’est pas ce que tu feras un jour. Cela, tu ne le feras peut-être jamais. C’est un rêve, un idéal, au mieux un vœu pieux. Mais ce que tu fais maintenant, voilà le plus important. Choisir de vivre à plein ce qui se passe ici et maintenant est la meilleure manière de ne pas devenir aigri en n’ayant pas accompli ce qu’on avait rêvé « avant ». Et puis, ma bonne dame, on ne sait pas de quoi demain sera fait.

Alors sois, « hic et nunc », ce que tu rêves d’être, de faire, de devenir. Tu n’y arriveras pas tout de suite, cela prendra du temps. Mais commence. Maintenant. Voilà un remède contre une vie virtuelle et idéalisée. Le concret, la vrai vie, c’est ici et maintenant.

Sainte Thérèse de Lisieux a écrit un très beau poème qui décrit cela :

« Ma vie n’est qu’un instant, une heure passagère. Ma vie n’est qu’un seul jour, qui m’échappe et qui fuit. Pour aimer sur la terre, je n’ai rien qu’aujourd’hui. »

Il en est de même pour toi : pour faire ce que tu veux faire, ne compte pas sur demain. Tu n’as rien qu’aujourd’hui. Bien sûr, il ne s’agit pas d’une invitation à vivre une fuite en avant. Tu ne deviendras pas astronaute en un jour.

Il s’agit plutôt de choisir de vivre de façon cohérente  tu ne pourras pas être demain ce que tu ne prépares pas aujourd’hui.

Si tu as un tempérament idéaliste, cela te donne peut-être envie d’arrêter tout ce qui te semble trop banal et quotidien pour ne faire plus que des choses importantes, primordiales. Là encore, il s’agit d’une fuite : nous sommes faits pour vivre de grandes choses, mais aussi de toutes petites.

Alors qu’il était au séminaire, pour se préparer à devenir prêtre, saint Louis de Gonzague jouait un jour sur le terrain de sport avec ses condisciples. L’un d’eux demande à ses compagnons : « Si vous appreniez que vous  alliez mourir dans deux heures, que feriez-vous ? » Les réponses des uns et des autres rivalisaient de spiritualité : « J’irais me confesser », disait l’un, « Je courrais à la chapelle pour prier », renchérissait l’autre. « Et moi, dit Louis, je continuerais à jouer ici. »

C’est, en quelque sorte, ce que dit Steve Jobs dans son célèbre discours à Stanford :

« Quand j’avais 17 ans, j’ai lu une citation qui disait quelque chose comme : “Si vous vivez chaque jour comme si c’était votre dernier, un jour vous aurez très certainement raison.” Ça m’a impressionné et depuis lors, pour les 33 années passées j’ai regardé dans le miroir chaque jour et me suis demandé  : “Si aujourd’hui était le dernier jour de ma vie, aurais-je envie de faire ce que je suis sur le point de faire aujourd’hui ?” Et quand la réponse avait été “Non” pendant de trop nombreux jours, je savais que j’avais besoin de changer quelque chose. »

Notre quotidien est ainsi fait que, pour un jour déterminant, nous avons vécu mille journées qui nous ont paru insignifiantes. Qui dira la beauté de ces mille journées-là ?

 

Pour lire la fin de ce chapitre, il vous faudra acheter le livre…!

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